Compostage

    Le compostage, c'est facile !!!!!!                               

L'exemple vient de la nature !

Depuis la nuit des temps, les feuilles tombent, les animaux défèquent, les arbres meurent. Le sol de nos forêts n'est pourtant pas recouvert de déchets organiques. La couverture d'humus ne fait généralement pas plus de 20 centimètres d'épaisseur. Et pourtant, les feuilles tombent depuis des millions d'années...

Quand de la matière organique tombe sur le sol, c'est une véritable armée de micro-organismes qui se met au travail. En quelques années, quelques mois ou quelques jours, cette matière est revalorisée. Tous ces composants sont remis à la disposition des végétaux. La forêt ne connait pas le concept des immondices.

L'homme quant à lui fait depuis des siècles des tas de fumiers. Mais si on ne s'en occupe pas, si la composition n'est pas optimale, ces tas de détritus organiques dégagent une odeur nauséabonde et mettent au mieux deux ou trois ans pour donner une matière utilisable.

C'est en cherchant des solutions aux quantités de plus en plus importantes de déchets organiques que nous produisons et en observant les mécanismes de notre Mère-Nature que de nouvelles techniques de compostage se sont développées.

Pour en arriver maintenant à des techniques qui produisent en quelques mois du compost d'excellente qualité qui ne sent pas mauvais.

Nos déchets ménagers

Nous produisons trop de déchets. L'homme, de en plus urbain, paie maintenant les facilités que lui a apporté la société de consommation. Nous devons réagir, changer nos habitudes ! Le premier geste que nous devons modifier est notre manière d'acheter !

Sélectionnons des aliments sans trop d'emballage, préférons les gros conditionnements pour nos aliments, choisissons les bouteilles consignées... Ensuite, à la maison, nous pouvons rediriger une bonne partie des déchets destinés à la poubelle vers le tri sélectif (verre, papier, carton, plastiques, textiles, boites de conserves...).

Après ce tri, la moitié de la portion restante est composée de déchets organiques compostables. Il s'agit aussi bien du trognon de pomme que du restant de repas, du marc de café avec son filtre ou encore des épluchures de pomme de terre et les feuilles de journal qui les entoure...

Composter ces détritus allège votre poubelle non seulement en vous faisant gagner de l'argent (moins de sacs poubelle payés, moins de poids dans notre poubelle à puce), mais en diminuant également les charges pour la communauté (ramassage des ordures). Le compost obtenu sera facilement valorisé sur le jardin, dans les bacs de fleurs ou pour les plantes d'appartement, diminuant ainsi les achats d'engrais et de terreau.

                                              Achats futés + Tri sélectif + Compostage                                            .. .                                                                             =                                                              .. .. ..                                    Économie d'euros + Sauvegarde de l'environnement

Quoi composter ?

Les matières compostables

Matière : - déchets de légumes - tonte d'herbe fraîche - litières et excréments d'herbivores ou granivores (lapins, oiseaux...) - épluchures de pomme de terre - pelures d'agrumes et de fruits - fumier de bovidés et ovidés - plantes d'appartement

Remarque : Les pommes de terres, achetées en magasins, sont souvent aspergées d'anti-germinatifs. Les agrumes sont eux traités avec des produits tel que le biphényl. Il faudra donc éviter d'en mettre trop en une fois dans un compost dont la température ne montra pas assez (comme le fût ou le bac avec apport journalier de matière). Il est évident que les boites de conserve, pot en verre, bombe aérosol, langes jetables, canettes... ne sont pas compostables. Portez-les dans des centres de triage où ils seront valorisés.

Les matières non-compostables

Matière : - tissus synthétiques (nylon, lycra...) - plastiques, métaux, verres - gros bois, charpentes - bois exotiques - langes jetables - litières d'animaux non-biodégradable - sacs d'aspirateurs - terre - sable

Remarque : Allez porter vos déchets non-compostables dans les parcs à conteneurs !

Les techniques

Le fût : Si vous ne disposez pas d'un grand jardin ou pas de jardin du tout, c'est le procédé idéal pour la production de compost. .............................................................................................        ............. L'aspect général du fût: Ces fûts sont en matière plastique. Choisissez un fût couleur foncée (noir ou vert foncé). Les couleurs sombres absorbent la chaleur, ce qui va accélérer le compostage. Le couvercle devra comporter un système permettant de modifier l'aération.                                   ... L'installation : Vous pouvez placer le fût en plein soleil, il aura ainsi un bon apport de calorie solaire. L'aération : Il est important que l'aération du fût soit très bonne. Un courant d'air de bas en haut devra exister. Des trous d'aération doivent exister sur la plaque du fond. Mais idéalement sur le côté de la base. Car avec le tassement et l'écoulement de l'eau dans le container, les trous du bas vont se boucher. Pour les mêmes raisons, le fond ne doit pas être parfaitement plat. Le couvercle doit être munit d'un dispositif de fermeture de l'aération. En hiver, vous devez avoir la possibilité de pouvoir diminuer l'aération. En effet, un courant d'air glacial n'est pas trop recommandé pout les organismes de votre compost...                                                                                                           La tige aératrice : L'aérateur est l'accessoire indispensable pour obtenir un bon compost en fût. Il permet de mélanger (donc aérer) la matière organique dans le container. Il existe beaucoup de modèles, mais le plus efficace est le plus simple... Il s'agit d'une tige métallique avec, d'un côté, une poignée qui permet de tenir l'instrument et de l'autre, une ou deux palette(s) triangulaires(s). L'utilisation est facile, on le plonge dans le compost, on fait un quart de tour et on le retire. Ce mouvement, répété une dizaine de fois, va mélanger les matériaux et aérer le tout. L'opération se fera 2 à 4 fois par mois dès que le compost est rempli au quart environ ou après 3 à 4 semaines. Il peut cependant être nécessaire de temps en temps, lorsque l'on rajoute des matières plus sèches. L'humidité : Il n'y a généralement pas de problème d'humidité dans un fût. L'humidité suit le courant d'air, se condense sur les parois et retombe dans le compost. Le surplus d'eau sera évacué par les trous d'aération du bas.                                                                                                          Le rapport carbone/azote : Très important ! Il ne suffit pas de mettre nos déchets ménagers dans le fût pour que cela fonctionne. Un bon apport carbone/azote est de 20-30. Or les déchets organiques ménagers ont une tendance à être riches en azote. Gardez donc une réserve de matière riche en carbone à côté de votre fût (feuilles mortes, broyat...).                                                       Une bonne gestion : Pour éviter les odeurs et les prédateurs (mouchettes, rats, souris...) il faudra toujours couvrir le dernier apport de matières organiques par une couche de carboné (feuilles, broyat...).                                                                                                                                             Le fût est plein : Il ne vous reste plus qu'à le vider.

Le silo : Un silo a un volume de +/- 1m3. Cette capacité est généralement suffisante si vous avez un jardin d'une superficie de 3 à 10 ares. Pour faciliter le travail, vous pouvez construire 1, 2 ou 3 bacs (ou plus si nécessaire...). La technique du compostage le silo(s) est sensiblement la même que le tas mais adaptée à la quantité de matière à traiter. Elle est u  peu plus simple et un peu lus propre.    L'aération : Comme dans toutes les techniques de compostage, il est important que l'aération du compost soit très bonne. L'aération devra se faire par les côtés du silo mais aussi par le fond. Placez donc une couche de branchage ou de broyat sur le fond avant de commencer à mettre vos matières organiques. Dans le cas d'un silo en treillis, les trous dans le plastique permettent à l'air de passer par les côtés. Le couvercle évitera l'évapo-transpiration lors de la montée en température du tas et lorsque le temps est trop sec. Comme toujours, le retournement est très important, surtout pour les gros volumes. Il permet de ré aérer le tas. Les matières organiques vont en effet se tasser pendant la phase thermophile. Retourner le tas dans le deuxième bac avec la technique de la "fourche légère". Le premier retournement se fera après 1 mois. Les suivants peuvent être espacés (le deuxième à 3 mois, le troisième à 6 mois).                                                                                                               L'humidité : La gestion de l'humidité dans un silo est un peu plus difficile à gérer que dans un fût. Si vous montez votre tas en une fois, vider un arrosoir +/- tous les 15-20 cm. Si vous montez votre tas au fur et à mesure, vérifiez et rectifiez l'humidité toutes les deux semaines environ.                      Le rapport carbone/azote : Très important ! Il ne suffit pas de mettre nos déchets ménagers ou de jardin dans le fût pour que cela fonctionne. Un bon apport carbone/azote de 20-30 doit être respecté. Or, les déchets organiques ménagers, les tontes de pelouse ou les légumes à feuilles (salade, épinard...) ont une tendance à être riches en azote. Il est donc important d'avoir une réserve de matière riche en carbone (feuilles mortes, broyat...) à côté de votre silo (ou prévoyez un silo rien que pour ces matières).                                                                                                                    L'installation : Le bac ou les bacs seront placés de préférence à mi-ombre ou à l'ombre. En plein soleil, il(s) risquerait(ent) de se dessécher trop vite. Disposer votre bac à un endroit facile d'accès et à un droit qui vous permet de facilement le retourner. L'aspect esthétique pourrait également déranger le voisinage. Faites attention à ce point quand vous le construisez ou disposez-le à l'abri du regard. Travaillez les 10-20 premiers cm du sol qui accueillera votre bac, cela facilitera l'invasion du tas pas les organismes composteurs. Vous pouvez éventuellement disposez ensuite un treillis sur le sol ou au fond du bac si vous l'ancrez. Cela diminuera l'arrivée de rongeurs ou d'insectivores par le sol.                                                                                                                                                        ...........  ... ..........- Pour le silo en treillis : Couvrez l'intérieur du treillis avec du plastique noir troués ou des cartons (blancs ou bruns non colorés) troués. Attention, arrêtez le plastique à 2-5 cm du sol ! Si vous allez jusqu'au fond, le compost se met sur le plastique et le démoulage sera alors difficile, et vous risquerez de déchirer le plastique. Placez une couche de 10-15 cm de matières structurantes dans le fond de votre bac (broyat, branchettes...) afin d'éviter que le fond ne soit trop tassé et empêche l'air de passer. Refermez le couvercle ou si vous n'en avez pas, placez une tôle ou une couverture imperméable mais laissant passer l'air (plastique troué, géotextile... ou un simple carton troué à l'aide d'une fourche).                                                                                                                    ... ..........- Pour le silo Verdel : Refermez le plastique sur les matières et posez une dalle ou une brique dessus, cela conservera l'humidité dans le tas à la façon du fût.                                                      Une bonne gestion : Comme pour le tas, deux gestions peuvent être envisagées soit le silo peut être monté une fois. Vous récolterez 1 m3 de matières, vous mélangez bien pour avoir une bonne aération et vous montez le tas. L'avantage de cette technique est que la montée de température sera plus importante et plus longue. Soit le silo est monté par de petits apports réguliers. Il faudra alors mélanger de temps en temps (de préférence à chaque apport). La montée de température sera moins importante. Pour éviter les odeurs et les prédateurs (mouchettes, rats, souris...) il faudra toujours couvrir le dernier apport de matières organiques par une couche de carboné (feuilles, broyat...). Le retournement est important. Il se fera avec la technique dite "de la fourche légère". Le premier retournement se fera après 1 mois, le deuxième après 3 mois, le dernier (normalement) après six mois. Vous en profiterez pour tamiser votre compost. Si vous avez du temps à consacrer à votre compost, retournez-le tous les mois ! Il sera toujours bien aéré, sera plus vite décomposé et la qualité du compost d'autant meilleure.                                                                                               Le silo est plein : Il ne vous reste plus qu'à le vider...

Le tas : Lorsque votre jardin est important, cette technique s'avère la plus adaptée. Vous pouvez monter un tas et le compléter ensuite avec des apports quotidiens. Mais vous pouvez aussi le combiner avec un fût, utilisé pour les déchets organiques quotidiens et placé par exemple près de la cuisine. La technique en tas est celle qui demande le moins d'aménagement.                                     L'aération : Elle est évidement très importante. Elle sera assurée par des matières structurantes et les retournements. Le tas étant volumineux, pour avoir une bonne aération, la composante carbonée est très importante, ne la négligez pas. Une couche de broyat avant le monter le tas empêchera la putréfaction du fond du tas. Et une bonne composition en matériaux structurant laissera passer l'air dans tout le tas. Deux à trois retournement sur 9 mois, un an suffisent.                                                                                                                                 L'humidité : L'eau sera apportée par les éléments humides incorporés, ainsi que par l'arrosage. Si vous montez le tas en une fois, arrosez tous les 20 cm (environ 1-2 arrosoir pour 1 m²). Vous vérifierez de temps à autre l'humidité du tas en y enfonçant une tige métallique ou par le test de la poignée. Si le tas couvert (conseillé mais pas indispensable), il n'y aura que peu de dessèchement par ventilation. Le surplus d'eau sera évacué par gravité dans le sol.                                                        Le rapport carbone/azote : Très important ! Gardez donc une réserve de matière riche en carbone à côté de votre tas (feuilles mortes, broyat...). Les déchets de jardin ligneux (fleurs avec tiges, plant de haricots ou de tomates...) sont assez équilibrés en C/N. Les tailles de haies (broyées) sont également un très bon apport au compost. Ces matériaux possèdent des feuilles à tendance azotée et des tiges à tendance carbonée.                                                                                                         L'installation : Le tas sera placé dans un endroit ombragé. Si son aspect n'est pas toujours esthétique, néanmoins il ne doit pas ressembler à une décharge à ciel ouvert ! Pour éviter d'éventuels désagréments avec les voisins, essayez de le disposer à l'abri des regards. (Par exemple le long d'une haie d'arbres indigènes tels que sureaux, noisetiers, charmes...). Le tas doit être monté en forme de cône ou en forme trapézoïdale. Il aura 1,5-2 m de côté, 1-1,5 m de haut (trop haut, il sera difficile à alimenter et à retourner à la fourche). Votre tas devra avoir minimum 2-3 m3 pour que la température monte bien. Le tas sera monté sur le sol grossièrement travaillé ou tout au moins dégagé des éventuelles grosses pierres et vieilles racines. Ne faites pas de trou dans le sol pour y entasser vos matières organiques ! Le jus du compost va stagner dans ce trou, une fermentation anaérobique va s'installer et des odeurs vont se dégager de votre tas ! Placez un paillage ou du fin branchage sur le sol et entassez vos déchets organiques. Et les petits prédateurs comme les taupes, mulots, musaraignes ? Si le tas est homogène, suffisamment humide et chaud, que les déchets de cuisine ne sont pas jetés sur les dessus, vous aurez peu ou pas de rongeurs dans votre tas. Évitez de placer un treillis sur le sol comme les autres techniques. Le tas n'étant pas protégé, cela n'arrêtera pas les petits animaux et sera plutôt gênant pour les retournements futurs... Sachez que les hérissons, musaraignes et sans une moindre mesure le mulot, sont insectivores et mangent les petits invertébrés. Donc vous débarrassent des limaces du jardin. Campagnols et loirs par contre apprécient les jeunes légumes, bulbes, racines... Placez pour finir une couverture (voir plus loin).         Une bonne gestion : Comme pour le silo, deux gestions peuvent être envisagées, soit le tas peu être en une fois. Vous récoltez 1 m3 de matières, vous mélangez bien pour avoir une bonne aération et vous montez le tas. L'avantage de cette technique est que la montée de température sera plus importante et plus longue. Soit le tas est monté par des petits apports réguliers. Gérez comme dans un silo ou un fût, il faudra alors veiller à l'apport de matière carbonée et mélanger de temps en temps. La montée de température sera moins importante. Pour éviter les odeurs et les prédateurs (mouchettes, rats, souris...) il faudra toujours couvrir le dernier apport de matières organiques venant de la cuisine par une couche de carboné (feuilles, broyat...).                                               Couvrir le compost : Nous conseillons de placer une couverture sur le tas car elle réduit le dessèchement, limite le lessivage par la pluie et garde la chaleur. Elle sera composée de paille, de broyat ou de feuilles mortes. Elle dissuade aussi les oiseaux à venir retourner le dessus du tas. Cette couverture peut également être réalisée avec un plastic troué, un géotextile ou une bâche en nylon tressé.                                                                                                                                                 Le retournement : Le retournement est important. Il se fera avec la technique dite "de la fourche légère". Le premier retournement se fera environ après 1 mois, le deuxième environ après 3 mois, le dernier après 6 mois. Si vous avez du temps à consacrer à votre compost, retournez-le tous les 1 ou 2 mois. Il sera toujours bien aéré et sera plus vite décomposé.                                                          Le processus et fini : Si la température monte bien (50-70°C voir plus), le processus complet dure environ de 6 à 9 mois. Mais laissez-le se faire sur 1 an. Du compost mi- mure étalé sur le potager n'est pas toujours apprécié de certains légumes.

Le compost est fini !

Maintenant que le processus de compostage est terminé il faut le récolter et l'utiliser. Il est important que le compost soit "mûr" pour l'utiliser. Un compost qui n'est pas arrivé à maturité suffisante peut éventuellement être utilisé au pied d'arbres adultes mais certainement pas sur le potager ou avec des jeunes arbres ou arbustes, il risquerait de "brûler" vos plante.

Comment reconnaître un compost mûr ?

Il y a 3 caractéristiques qui ne trompent pas :                                                                                     - La couleur : Un compost mûr à une couleur brune ou noire selon les matières organiques utilisées pour sa fabrication. Un compost brun clair ou verdâtre devra être laissé encore quelques temps tranquille avant de l'utiliser.                                                                              - L'odeur : Un compost mûr doit sentir "l'humus forestier", l'odeur des sous-bois lorsque vous vous promenez en forêt un petit matin... Si vous reconnaissez une odeur de chou, de pommes de terre ou d'oignon, attendez encore avant de le récolter.                                                                                    - L'apparence : Si vous reconnaissez encore des bouts de feuilles ou qu'il reste des morceaux d'épluchures de pommes de terre, de chou... dans votre compost, c'est que tout n'a pas été dégradé.

S'il vous semble que votre compost stagne dans son état, sans arriver à maturité, n'hésitez pas à le re-mélanger afin de relancer le processus ! Il faudra éventuellement remouiller un peu le tout en le mélangeant "à la fourche légère" En effet, il n'est pas rare qu'un compost traine pour arriver à maturité lorsque le taux d'humidité est trop faible. Comme nous l'avons vu, ce sont les macroorganismes (principalement les vers de compost) qui terminent la maturation. Si leur milieu de vie devient trop sec, ils l'abandonneront.